Pour les vacances, je mets ma maison en location... puis-je me fier aux sites entre particuliers ?

28/02/2017 Actualité

Vous arrondissez vos fins de mois en louant votre résidence principale ou secondaire pendant les vacances ? Les sites entre particuliers sont nombreux à vous proposer de le faire en toute facilité, mais il faut être conscient des risques… pour mieux s’en prémunir !

Passer par une agence immobilière pour mettre son bien en location, que ce soit pour l’année ou pour les vacances, c’est certes s’assurer plus de tranquillité et de sécurité. Cependant, quand on loue ponctuellement, on est d’autant plus tenté de passer par les sites entre particuliers : Airbnb, Abritel, Homelidays, Wimdu…. ils sont légion à vous proposer une inscription rapide, facile et gratuite. En quelques clics et quelques photos téléchargées, voilà votre habitation en vedette… à ses risques et périls ?

Attention aux arnaques

Les sites comme Airbnb ou Abritel ont bâti leur succès sur leur facilité d’accès et de recherches, mais aussi sur leurs procédures de sécurisation, indispensables pour rassurer propriétaires comme locataires. Quand ceux-ci s’inscrivent, ils doivent indiquer leur identité et celle-ci sera évidemment vérifiée par différents moyens : copie des papiers d’identité, coordonnées, renseignement des  moyens de paiement… mais aussi, présence sur les réseaux sociaux. Ainsi, quand un locataire vous contacte via Airbnb, vous savez s’il a 360 contacts Facebook : ce qui semble attester qu’il est un individu bien réel et « traçable » (vous pouvez même aller faire un tour sur sa page)… et pas un apprenti cambrioleur au profil anonyme, risquant de vider votre maison ! Par ailleurs, privilégiez les profils qui ont déjà accumulé les commentaires d’autres internautes (positifs, bien sûr !)

En résumé, si vous pouvez vous fier aux sites de location entre particuliers qui ont « pignon sur rue » et qui vous proposent différents niveaux d’identification, méfiez-vous quand même des petits nouveaux : le concept ayant beaucoup de succès, de nombreuses start-ups éclosent pour surfer sur cette nouvelle tendance… et il arrive qu’elles n’offrent pas toutes les garanties souhaitables. Avant d’inscrire votre logement sur un site, vérifiez depuis quand il existe, quels avis il a recueillis, quelles vérifications et assurances il propose… et méfiez-vous des annonces imprécises. Surtout si elles sont passées sur des sites d’annonces plus généralistes, comme le Bon Coin : les arnaques y sont plus difficiles à démasquer, car il n’y a ni avis, ni commentaires d’autres internautes, ni vérifications d’identité.

Attention à la loi…

Quand vous passez par une agence pour louer,  tout se passe forcément dans les règles ! Par contre, quand vous vous inscrivez  sur un site d’annonces entre particuliers, vous prenez seul la responsabilité de mettre votre maison ou votre appartement en location… veillez à d’abord vous assurer que vous en avez bien le droit ! C’est le cas si vous êtes propriétaire, à condition de déclarer vos loyers au fisc et de payer la taxe de séjour.
Toutefois, attention si vous habitez dans un immeuble : certains syndics de copropriété s’opposent à la colocation. De même, si vous êtes locataire, il faut l’accord de votre propriétaire.
S’il s’agit de votre résidence secondaire, renseignez-vous aussi auprès de votre municipalité : certaines villes ont voté des limitations, sous la pression des lobbies hôteliers qui militent activement contre cette nouvelle concurrence ! Ainsi, à Paris, si on loue sa résidence secondaire, on est tenu désormais de prendre le statut de loueur en bien meublé, ce qui change l’imposition. Airbnb s’est également engagé à collecter la taxe de séjour pour la ville de Paris et plusieurs autres grandes villes.

Attention au fisc !

Vous êtes bien tenté de ne rien déclarer de vos locations ? Il  est vrai que la plupart des sites de location entre particuliers, à commencer par Airbnb, fer de lance du marché avec plus de 40 000 logements proposés sur la seule région parisienne, sont des plateformes basées à l’étranger. L’administration française n’a donc pas accès à leurs informations. Tout se fait en ligne, les coordonnées des propriétaires ne sont jamais publiées, mais divulguées au seul locataire… donc les contrôles ne sont pas faciles. Gardez toutefois à l’esprit qu’ils sont possibles, et risquent même de se faire de plus en plus fréquents, vu les pressions conjointes des propriétaires d’hôtels ou maisons d’hôtes, du gouvernement et des députés, qui aimeraient bien récupérer tout cet argent perdu pour le fisc. Ainsi, tout récemment, les sénateurs ont voté un amendement à la loi numérique, autorisant les municipalités de plus de 200 000 habitants à imposer un « numéro d’enregistrement » à ceux qui mettent en location un logement saisonnier de manière répétée… ce qui viserait à limiter les sous-locations illégales. Beaucoup de contrôles se font aussi sur dénonciation : la mairie de Paris a ainsi envoyé à plusieurs reprises des inspecteurs visiter certains appartements – mais ces contrôles visent surtout les professionnels qui utilisent les sites réservé aux particuliers pour louer sans rien déclarer… Toutefois, la seule condamnation qui ait été pour l’instant prononcée en France à l’encontre d’un particulier concerne un locataire, qui louait sans accord de son propriétaire.