Haro sur l’IFI !

18/12/2017 Actualité

La transformation de l’ISF en IFI, impôt sur la fortune immobilière, a été adoptée par les députés en commission le 12 octobre dernier. Mesure très controversée du projet de budget 2018, elle a suscité une levée de boucliers dans la presse…

Le Figaro

« Pour les députés, c’est acté », lance le quotidien Le figaro le jour même de l’adoption en commission de la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Comme son nom l’indique, ce nouvel impôt « concernera uniquement le patrimoine immobilier », à condition qu’il dépasse 1,3 million d’euros. Le quotidien souligne que « les valeurs mobilières et les placements (actions, assurances-vie) seront, elles, exemptées de taxes ». Tous les partis d’opposition se sont élevés : la gauche y voit un cadeau aux plus grosses fortunes, la MoDem et la Droite auraient préféré une suppression de tout impôt de ce genre. Le groupe LREM a fait voter un amendement pour créer, dans les deux ans, une mission de suivi de la réforme. Une réforme qui reste à voter dans l’hémicycle…

L’Express

« Laisse béton, Emmanuel ! » Décidément, la presse s’est lâchée au cours de ce mois d’octobre. On l’aura compris, c’est encore le Président de la république qui est visé par ce titre de l’hebdomadaire. Pour le journal, « depuis son élection, Emmanuel Macron s’attaque à l’immobilier à coups de taxes, comme s’il souhaitait se mettre à dos les acteurs et professionnels de l’immobilier ». Entre la « taxe béton » envisagée par Nicolas Hulot, l’éventuelle création d’un nouvel impôt exceptionnel sur le capital immobilier résidentiel et la fameux IFI cité plus haut, tous ces projets « prouvent que la filière logement, nouvelle vache à lait du pouvoir, est la cible du locataire de l’Elysée », estime L’Express.

L’Alsace

Heureusement, la presse quotidienne régionale, elle, ne perd pas le nord. Plutôt que de crier au loup, mais tout en ayant parfaitement à l’esprit que les nouvelles mesures risquent d’avoir des effets surprenants, elle se concentre sur les « bons plans pour acheter moins cher ». Le quotidien L'alsace, considérant « qu’il est encore temps – et intéressant – d’investir dans la pierre », distille quelques clés. Il recommande ainsi d’être attentif au prix des maisons individuelles, qui a reculé en dix ans de 11%. De même, pourquoi ne pas cibler les départements dans lesquels les tarifs baissent ? Le Nord, les Ardennes, la Vendée, les Deux-Sèvres, la Loire, l’Aveyron ou les Hautes-Alpes font partie des seize départements français qui affichent des tarifs en recul sur les douze derniers mois… Dans le même ordre d’idée, il convient de mieux considérer les biens en zone rurale. Dans un contexte de taux toujours très bas, l’investissement immobilier a encore le vent en poupe.

Le Monde

Plus mesuré que ses confrères, le quotidien de l’après-midi évoque une étude réalisée par Housing Europe, une fédération de bailleurs sociaux publics et coopératifs issus de 24 pays. Il y apparaît que « la plupart des pays de l’Union européenne se heurtent à la même difficulté : le logement est trop cher et ne permet pas d’héberger tout le monde », explique le quotidien. Les prix des habitations ont en effet augmenté en moyenne de 4,4% en 2016, à un rythme qui dépasse le rythme la hausse des revenus. Douze pays ont même franchi le seuil d’alerte de 6%, notamment la Suède et le Royaume-Uni. Et ce phénomène est encore plus marqué dans les grandes villes. Les logements devenant inaccessibles, la propriété recule au profit de la location. Face à cette tendance, « l’Hexagone apparaît mieux doté que ses voisins, preuve que la politique mise en œuvre n’est pas si inefficace, pas si « croquignolesque » que l’a suggéré Emmanuel Macron », conclut Le Monde. Mesuré mais pas exempt de critique pour autant…