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Vente à la découpe : quels intérêts ?

Régulièrement mise sur la sellette par les pouvoirs publics, la vente à la découpe, ou vente d’un immeuble par appartements, présente de nombreux attraits, pour les propriétaires comme pour les locataires.

Alors que, depuis la seconde moitié du XXème siècle, tous les gouvernements ont peu ou prou souhaité voir se développer une « France de propriétaires », le principe de la vente à la découpe, qui consiste à vendre un immeuble acheté en bloc par appartement, ne cesse de faire l’objet de menaces par les pouvoirs publics. Pourtant, cette pratique a largement contribué à faire passer le nombre de ménages propriétaires de leur logement de 0,5 % en 1950 à environ 65 % aujourd’hui.

Les ventes à la découpe se sont multipliées dans les années 90, grâce aux nombreux propriétaires investisseurs souhaitant rationaliser leur parc immobilier. En 2006, la loi « Aurillac » vient encadrer ces ventes, instituant un droit de préemption pour les locataires occupants, lorsque l’immeuble concerné comprend plus de dix logements. Et si le locataire décide de ne pas acheter le logement, l’acquéreur doit le maintenir dans les lieux au moins six ans. Les foyers les plus modestes se sont ainsi trouvés protégés d’une éventuelle inflation des prix en raison de ventes successives. Cette protection des locataires, renforcée par la loi Alur de 2014, a même été confirmée en 2015 par Emmanuel Macron, à l’époque ministre de l’Économie.

Dans les faits, lorsque le propriétaire d’un immeuble d’appartements loués le vend à la découpe, il doit, sous peine de nullité de la vente, informer les locataires des conditions de cette vente et du prix. Ce courrier constitue en lui-même une offre de vente au locataire, qui bénéficie de plusieurs avantages : par exemple, une décote par rapport au prix du marché est souvent appliquée. Selon nos informations, dans le XIVème arrondissement de Paris, non loin de la gare Montparnasse, des appartements en vente à la découpe en juillet dernier ont ainsi été proposés à moins de 5 000 euros le mètre carré, soit nettement en-dessous du prix moyen du quartier. Pour les acquéreurs maintenant les locataires dans les lieux, l’obtention des prêts bancaires est facilitée, tout simplement parce que les revenus locatifs sont assurés.

Plus largement, ce principe de vente à la découpe s’adresse aujourd’hui autant aux investisseurs qu’à des foyers primo-accédants, pouvant ainsi devenir propriétaires dans des conditions simples et favorables.

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