La maison connectée se conjugue au présent

28/02/2017 Art de vivre

Le MWC (Mobile World Congress) s’ouvre à Barcelone : du 22 au 25 février, cet événement mondial réunira plus de 50 000 professionnels de l’industrie des communications mobiles, qui présenteront les nouvelles tendances et perspectives du secteur. L’occasion de faire point sur les avancées de la maison connectée.

La domotique… un mot longtemps réservé à l’élite. Pour tous ceux qui ne pouvaient pas débourser des dizaines de milliers d’euros pour s’équiper, la maison connectée se conjuguait… au futur ! Mais aujourd’hui, elle se démocratise, grâce aux technologies sans fil : un demi-milliard de systèmes domotiques sans fil devraient se vendre dans le monde en 2018 ! Et si notre indispensable smartphone devenait aussi la « clé » de notre logement ?

Le smartphone ouvre la maison

« Le taux de pénétration des objets connectés dans nos vies quotidiennes est énorme ! Commander sa maison à distance avec son smartphone va devenir tout naturel. Nous sommes en train de nouer des partenariats avec des constructeurs qui standardisent la domotique connectée pour l’intégrer de manière systématique dans leurs programmes », confirme Maryline Martinez, responsable résidentiel neuf chez Somfy.

Ainsi, dès la construction, les promoteurs pourraient bientôt proposer une offre de base, intégrée à la maison sans surcoût important, à de futurs propriétaires qui s’affirment de plus en plus demandeurs de domotique : plus de 50% d’entre eux se laisseraient facilement convaincre de l’intérêt des systèmes connectés, alors que les locataires sont moins enclins à investir « pour des raisons évidentes de retour sur investissement », selon une récente étude l’institut GfK (Référence des Equipements connectés 2014).

« Sécurité, énergie, motorisation : les applications seront toujours plus nombreuses mais peuvent dès aujourd’hui s’articuler autour d’une box pilotable à distance depuis les 46 millions de smartphones et tablettes actifs en France », analyse Michael Mathieu, Directeur des pôles Telecom chez GfK. Son étude conclut que la domotique, apparue timidement en France depuis les années 70, est en passe de conquérir les 27 millions de foyers français et connaîtra un fort développement à condition qu’elle soit capable de « lever certaines interrogations des consommateurs et de savoir démontrer sa valeur ajoutée. »

Des applications infinies

Un travail qui passe par d’indispensables partenariats : le fait de travailler chacun dans son coin avec des technologies différentes, aux secrets jalousement gardés (à l’image de ce qui s’est longtemps produit dans l’informatique) a été l’un des freins au développement de la domotique connectée. Ses applications sont infinies… à condition que les fabricants aient la sagesse de s’associer pour proposer aux constructeurs, comme au marché de la rénovation, des systèmes compatibles : ce que font actuellement Somfy et Philips, Velux, De Dietrich, Hitachi… Ensemble, ils peuvent ainsi concevoir une maison où tout se pilote avec une seule télécommande, où la gestion de l’énergie se fait pièce par pièce, avec une précision parfaite; et où tous les oublis se réparent à distance : fermer ou ouvrir les volets, verrouiller la porte d’entrée, allumer ou éteindre les lumières, le chauffage, actionner les systèmes de sécurité… Vide, le logement peut faire semblant d’être occupé pour dissuader les voleurs, et se préparer graduellement à l’arrivée de ses habitants : augmenter la température, éclairer l’allée du garage, préchauffer le four… voire diffuser un peu de musique douce pour un accueil convivial !

Sécurité, économies d’énergie, confort

Ce sont les trois axes du développement domotique. Des solutions toutes récentes comme le Home Control, développé par Devolo, l’un des leaders sur ce marché, permettent de sécuriser son habitation contre les tentatives d’effraction mais aussi les départs d’incendie (détecteur de fumée connecté) en quelques minutes et sans aucune connaissance technique. Pas de gros travaux : il suffit d’installer quelques détecteurs de mouvements et d’ouverture de portes pour quadriller efficacement tout son logement. Le boîtier central se connecte directement à votre box via un câble Ethernet ou via un CPL Ensuite il suffit d’ajouter un à un les détecteurs de mouvement, qui se synchronisent sans fil. Depuis votre ordinateur il est alors possible de créer toutes sortes de scénarios simples ou très complexes selon vos besoins. Avec la même box, on peut imaginer de contrôler un interrupteur intelligent sans fil, placé près de son lit pour à la fois lancer sa machine à café, allumer les lumières de la chambre, du couloir qui mène à la salle de bain, et aussi la chaîne Hi-Fi. Les prises et interrupteurs intelligents illuminent automatiquement la maison sur votre chemin… Quant aux économies d’énergie, elles se font toutes seules lorsqu’il devient possible de programmer des plages horaires en fonction de la présence de personnes dans la maison, depuis chaque radiateur individuellement ou depuis son Smartphone, n’importe où dans le monde !

Les géants informatiques sur les rangs

Signe du changement, Google, Apple, Samsung, ne veulent pas rester à la porte de la maison de demain : ils détiennent déjà les clés de nos vies virtuelles, entendent bien s’installer au cœur de nos habitats connectés !

Le Coréen s’y est lancé le premier avec Samsung Smart Home, un « écosystème domotique » qui s’articule autour d’une application gérée via n’importe quel écran de la maison, d’où on pourra contrôler à la fois le chauffage, les lampes, la machine à laver, la clim, les caméras, et tous les objets connectés possibles.

Le protocole sera ouvert aux systèmes concurrents : bien que Samsung soit à même de proposer à lui seul tous les appareils intelligents high tech, dans le domaine de l’informatique comme de l’électroménager, et toutes les applications qui vont avec, il connaît l’écueil commercial qui guette les concepts dits « fermés », ne fonctionnant qu’avec des appareils d’une même marque !

Un écueil qu’Apple n’a pas su, ou pas voulu, éviter avec son Home Kit, un système qui permet de piloter sa maison à la voix depuis son application Siri : lorsqu’on dit à Siri « je vais me coucher », le HomeKit s’assure que les volets et portes sont bien fermés, les lumières éteintes… à condition que tous ces objets soient compatibles avec les fonctions de domotique Apple !

Quant à Google, dernier venu sur ce marché, il a acheté l’année dernière, pour 3,2 milliards de dollars la société Nest Labs, start-up spécialisée dans les thermostats connectés. On peut en déduire que l’automatisation des foyers, d’abord à travers la gestion de l’énergie, est son prochain gros chantier de Google. Hypothèse appuyée par le fait que le PDG de Nest Labs, Tony Fadell, travaille directement avec Larry Page, le cofondateur de Google. Et que Nest, une fois acquise par Google, a acheté l’entreprise Revolv, créatrice d’un «hub domestique intelligent» qui permet de connecter et de contrôler tous les objets intelligents d’une maison, même s’ils obéissent à des standards différents.