Le Bauhaus, source d’inspiration architecturale ?

28/02/2017 Art de vivre

Jusqu’au 22 janvier 2017, le Musée des Arts décoratifs de Paris propose une exposition dense et pertinente intitulée « L’esprit du Bauhaus ». Elle est l’occasion de rappeler à quel point ce mouvement du début du XXème siècle, qui voulait créer un monde meilleur, reste aujourd’hui encore d’une grande actualité.

Peintures, sculptures, maquettes, mobilier, dessins d’architectes… Le Bauhaus, cette école crée à Weimar en 1919 par Walter Gropius était un formidable creuset où se mêlait artisanat, art et industrie. Et c’est ce que rappelle avec talent l’exposition « L’esprit du Bauhaus » proposée par le Musée des Arts décoratifs deParis jusqu’au 22 janvier 2017. Les quelques 900 œuvres présentées témoignent, si besoin, de l’extrême modernité de la démarche mais également de l’incroyable source d’inspiration que représente encore cette école. « Voulons, méditons, et créons ensemble le nouveau Bâtiment de l’avenir, qui réunira tout, architecture et sculpture et peinture, dans une seule forme, qui, sorti des millions de mains des artisans, s’élèvera vers le ciel comme le symbole cristallin de la nouvelle foi qui s’annonce », clamait le directeur de l’école du Bauhaus.

Créer un monde meilleur

Plus d’un siècle après sa création, le projet, qui peut sembler grandiloquent tel que formulé à l’époque, a pris une réalité certaine dans de nombreux pays et reste toujours très vivace aujourd’hui. Certes, ces idéalistes n’ont pas réussi à créer le monde meilleur dont ils rêvaient. Même si le mouvement a dû subir les assauts de la montée du nazisme, avant d’être totalement dissout en 1933 – marquant ainsi le premier acte de totalitarisme culturel de l’Allemagne nazie -, les professeurs et les étudiants du Bauhaus ont réussi à impulser un principe fort, celui de construire des bâtiments et un environnement qui améliorent les conditions de vie de chacun, tout en étant rationnels, fonctionnels et sans ornements.

4000 bâtiments Bauhaus à Tel-Aviv

Frank Lloyd Wright aux Etats-Unis, Le Corbusier en France, se sont fortement inspirés du Bauhaus et sont toujours considérés comme des avant-gardistes. Que ne redécouvre-t-on aujourd’hui avec plaisir le superbe travail d’un Robert Mallet-Stevens, à l’origine de la sublime villa Noailles à Hyères (Var) comme de la villa Cavrois à Croix (Nord). Les férus d’architecture pourront également se rendre dans le XVIème arrondissement de Paris, dans la rue Mallet-Stevens, quasi entièrement construire par l’architecte. Mais c’est à Tel-Aviv, en Israël, que le style Bauhaus est le plus visible. Réfugiés sur place, de nombreux étudiants et le directeur du département architecture du Bauhaus ont prolongé l’enseignement de l’école, entraînant entre 1931et 1956 la construction de près de 4000 bâtiments, la ville gagnant alors son surnom de « ville blanche ». Si la municipalité a mis des années à se rendre compte de cet exceptionnel patrimoine, sourde aux attaques du temps et de l’air marin, une belle prise de conscience a lieu depuis la fin des années 2000.

La force de l’exposition du Musée des Arts décoratifs consiste d’ailleurs à montrer que l’héritage du Bauhaus est aujourd’hui très vivace. Des graphistes, tous nés à partir des années 60, témoignent de la formidable « boîte à outils » que constitue toujours le Bauhaus.

Pour en savoir plus :

http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/actualites/expositions-en-cours/design/l-esprit-du-bauhaus/