Faut-il investir à la frontière suisse ?

10/11/2017 Actualité

Qu’il s’agisse du pays de Gex ou de la Haute-Savoie, le marché immobilier frontalier proche de la Suisse est en pleine forme. « Dans le neuf comme dans l’ancien, depuis une dizaine d’années, il n’y a aucun problème pour vendre un bien », appuie Franck Gazziero, directeur des ventes Foncia Transaction sur le bassin lémanique. Dans le détail, quelques nuances s’imposent toutefois. Avant 2008, le marché méritait largement d’être qualifié d’euphorique, avec des croissances importantes d’une année sur l’autre. La crise de 2008 a calmé cet emballement, pour quelques mois avec un redémarrage ensuite plus rapide et vigoureux qu’au niveau national.

 Le très cher immobilier Suisse

« N’oublions pas un petit ajustement à la baisse en 2015 en raison des taux de change entre l’euro et le franc suisse qui a fait perdre en un jour 20% de la valeur de leur bien à chaque propriétaire suisse », explique Franck Gazziero. Car il faut bien se rendre à l’évidence : la région le long de la frontière franco suisse est très recherchée par les investisseurs helvètes, qui trouvent là des logements en moyenne trois fois moins chers qu’en Suisse, et cherchent à se constituer un patrimoine plus aisément que chez eux. S’ajoute à ces clients « locaux » ou presque une clientèle internationale, mais également une large proportion de Français exerçant leur activité professionnelle de l’autre côté de la frontière. Travailler en Suisse, vivre en France, le rêve car à faible niveau de qualification, les salaires sont très souvent sans comparaison avec ceux pratiqués dans l’Hexagone, avec des multiples de trois ou quatre parfois. Seul bémol, le droit du travail suisse autorise les licenciements rapides…

 Le cas Divonne-les-Bains

Dans ces conditions, les prix moyens dans la zone frontalière apparaissent très abordables. Ils s’échelonnent ainsi entre 3900 euros et 4700 euros du m2 en moyenne dans des communes très recherchées comme Saint-Julien-en-Genevois, Ferney-Voltaire, Saint-Genis Pouilly et même à Gex. Plus excentrée, la ville de Bellegarde affiche des prix moyens autour de 2000 euros le m2. A l’inverse, Divonne-les-Bains dépasse tous les plafonds avec des prix moyens au mètre carré qui atteignent les 7000 euros ! Comment expliquer cet engouement ? « C’est historique et inexplicable », avoue Franck Gazziero. « Nous avons ici un marché mondial qui veut absolument habiter dans cette ville et nulle part ailleurs ». Sont-ce son casino, ses bains, son marché qui attirent autant de Saoudiens, de Russes et d’autres nationalités ? Impossible de répondre. Même sa situation géographique laisse songeur : quand plusieurs des communes précédemment citées se trouvent à proximité de la Suisse, peuvent parfois être considérées comme placées dans la banlieue de Genève, Divonne-les-Bains suppose de rouler une bonne vingtaine de minutes avant d’atteindre la frontière. Et la ville en elle-même ne dispose pas non plus d’un charme particulier. A croire qu’à défaut de prendre l’Helvétie pour une lanterne, certains préfèrent Divonne.