Le marché immobilier en Aquitaine

20/04/2017 Actualité

Bordeaux est la locomotive d’une région qui se rapproche de la capitale… à l’allure TGV ! Le marché immobilier en profite…

Dans moins d’un an, en juillet 2017, Bordeaux sera à deux heures de Paris, et 33,5 allers-retours par jour (33 dans un sens, 34 dans l’autre) rallieront la capitale de l’Aquitaine à celle de la France, dont dix-huit d’entre eux sans arrêt. La région toute entière bénéficiera de cet essor ferroviaire : 27 villes gagneront d’un quart d’heure à une heure de trajet sur le trajet depuis Paris. Ainsi, Angoulême passera de 2h15 à 1h43 de trajet, Poitiers gagnera 18 minutes, Pau plus d’une heure… De très grandes vitesses annoncées qui donnent aussi un grand coup d’accélérateur au marché immobilier : Bordeaux est la première à en bénéficier, elle qui vient d’inaugurer sa somptueuse (et coûteuse) cité du vin, allant de pair avec une rénovation des quartiers adjacents qui en font une ville en pleine renaissance, de plus en plus médiatisée.

Une des villes préférées des cadres

D’ailleurs, c’est un signe, le port de Bordeaux (Port la lune) a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007 et la ville a été élue meilleure destination touristique européenne et ville préférée des Français en 2015 par le site European Best destinations. Les Parisiens en quête d’investissement locatif, ou de changement de vie, commenceraient à affluer, attirés par la nouvelle proximité annoncée. Un sondage sur les villes préférées des cadres, réalisé par Cadremploi fin août 2015, montre que près de 8 cadres franciliens sur 10 veulent quitter Paris pour s’installer, et travailler, en région. Parmi leurs villes de prédilection figurent Bordeaux, Nantes et Lyon, surtout pour le cadre de vie. Ils trouvent aussi à Bordeaux des loyers à moitié prix.

Bordeaux attire les Parisiens

L’emballement sur les prix est marqué : les secteurs les plus côtés auraient augmenté jusqu’à 15% sur les trois dernières années. Les prix moyens sont actuellement de 3.128 euros le mètre carré pour les appartements et de 3.090 euros pour les maisons, et la demande est telle dans le centre-ville que certaines transactions, sur les biens haut de gamme, se réaliseraient dans la journée ! Considéré comme la vitrine du luxe bordelaise, le quartier le plus coté reste le Triangle d’or, délimité par les cours Clemenceau, de l’Intendance et les allées de Tourny. Les prix au m2 y atteignent les 6.000-6.500 euros. Dans les quartiers très prisés du Jardin Public, Saint-Seurin, Saint-Genès, on trouve autant d’appartements que de maisons et pour ces dernières beaucoup sont de belles maisons bourgeoises, des hôtels particuliers mais aussi de traditionnelles échoppes bordelaises, maisons basses construites entre le second empire et l’immédiat avant-guerre. Autre quartier prisé et branché, les Chartrons, avec ses restaurants, ses commerces de proximité, attire les amateurs d’espaces atypiques, lofts aménagés dans d’anciens chais, appartements dans d’anciens hôtels particuliers de négociants en vins… Egalement dans le centre historique, le quartier très dynamique de Saint Pierre- Saint Paul est surtout composé d’appartements.

La Côte Basque garde… la côte…

Mais la région Aquitaine, c’est aussi une région touristique, avec des villes de bord de mer comme Bayonne et Biarritz, qui ne connaissent pas la crise : depuis 2015, le nombre d’acheteurs potentiels sur la côte basque aurait augmenté de 10%, avec une clientèle essentiellement française (85%) mais aussi des touristes étrangers attirés par le haut de gamme (Biarritz et Saint-Jean de Luz ayant leur préférence). Par contre, Hendaye, qui a perdu sa clientèle espagnole, aurait vu ses prix baisser depuis quelques années. De façon plus générale, les prix baissent partout de façon significative dès que l’on s’éloigne de la côte : le pays basque intérieur attire dès lors les familles de primo-accédants, qui peuvent faire construire ou acheter avec des budgets raisonnables, à moins de 300 000 euros.

Pau attire à nouveau

Encore un peu plus loin de la mer, des villes comme Pau voient pourtant leur marché également dynamisé par la perspective d’être reliées plus vite à la capitale, tout en gardant leurs avantages : espace, bien vivre, verdure (Pau est classée parmi les villes les plus vertes de France, avec 80m2 d’espace vert par habitant !) Des atouts alliés à un tissu économique très varié et bénéficiant des filières d’excellence que sont l’aéronautique et la pétrochimie. Aussi, les prix se maintiennent : il faut compter, en moyenne, 300 000 euros pour une maison dans le secteur des allées Morlaàs – l’un des plus côtés – et autour de 2 500 euros/ m² pour un appartement, Boulevard des Pyrénées. Et même si en moyenne, le prix moyen au m2 est bien moindre à Pau (1500/m2 pour un appartement) que dans d’autres villes stars de l’Aquitaine ( 4588/m2 à Biarritz, 3587/m2 à Anglet, 3166/m2 à Bordeaux, 2700€/m2 à Bayonne…) la capitale des Pyrénées Atlantiques s’en tire mieux que ses sœurs de Dordogne, du Lot et Garonne (1043€/m2 à Villeneuve sur Lot, 1166€/m2 à Agen, 1453€/m2 à Périgueux). Les villes les plus éloignées dans les terres, les plus centrales, sont les plus sensibles à la crise immobilière et les moins sensibles à la reprise actuelle; dans cette région vaste, au marché immobilier très varié, trois B dominent : Biarritz, Bordeaux, Bayonne!