Présidentielle : Macron-Le Pen... à quelle enseigne serons-nous logés ?

04/05/2017 Actualité

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont donc qualifiés pour le deuxième tour de l'élection présidentielle. Quelle politique du logement défendent les deux candidats ? En attendant le débat, on fait le point sur leurs positions.

Ni l'un ni l'autre n'ont fait une grande place au logement dans leur campagne. Cependant, dans l'entre-deux tours, lors des "Quinze minutes pour convaincre" accordées à chaque candidat, Emmanuel Macron a répondu dans le détail à une question sur la loi Alur, tandis que Marine Le Pen n'a pas dit mot sur le sujet. On en saura peut-être davantage lors du traditionnel débat de l'entre-deux tours, qui devrait être diffusé sur France 2 et TF1 mercredi 3 mai 2017. En attendant, voici les principales mesures logement envisagées par les deux éventuels futurs locataires... de l'Elysée !

Emmanuel Macron : objectif libéralisation... des loyers, de la construction

Le candidat d'"En Marche" souhaite avant tout débloquer les loyers et libérer la construction.
Lors des "Quinze minutes pour convaincre", il  a déclaré qu'il ne "maintiendrait pas de manière automatique" l'encadrement des loyers mis en place par la loi Alur, entrée en vigueur en août 2015 dans les zones tendues (Paris et 412 communes d'Ile de France dans un premier temps) et qu'il préférait "libérer la construction de logements dans ces trois zones" (Paris, Marseille, Aix-en-Provence). Pour cela, il souhaite y raccourcir  les délais de construction", notamment en assouplissant certaines normes. Au final, il espère créer jusqu'à 100 000 nouveaux logements par an pour les jeunes, les ménages à faible ressources, mais aussi dans le cadre de la mobilité professionnelle.
En matière de location, il veut développer ce qu'il nomme l'intermédiation locative : mobiliser les bailleurs sociaux pour acheter des logements privés destinés à être loués à prix modéré. Mais aussi créer un "bail mobilité" avec des droits restreints pour les locataires.
Sur le plan fiscal, Emmanuel Macron entend supprimer l'ISF sur les revenus du capital, mais pas sur  le patrimoine immobilier; et supprimer aussi la taxe d'habitation pour 80% des ménages français – à savoir, ceux qui gagnent moins de 5000 euros par mois.. "On peut vendre sa maison pour réinvestir", a-t-il précisé lors des "Quinze Minutes pour convaincre. "Celui qui réinvestit n'est pas taxé sur la fortune. Pour les autres, les règles ne changent pas. Ils continueront à payer l'ISF."

Marine Le Pen : une préférence nationale, plus d'aides aux jeunes
Dans son programme, Marine Le Pen met l'accent sur une proposition "choc" en matière de logement : « réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social, et le mobiliser vers les publics qui en ont le plus besoin ».

Mais elle veut aussi réduire les 40 milliards de dépenses en matière de logement... tout en maintenant les aides fiscales et financières existantes, et même en augmentant de 25% les APL pour les jeunes. Pas de précisions sur la méthode ! Comme Emmanuel Macron, elle dit également vouloir favoriser la construction et lancer un grand chantier d'édification et de rénovation... mais là encore, sans le chiffrer ni le détailler.

Sur le plan fiscal, elle se rapproche de son adversaire, puisqu'elle aussi veut supprimer la taxe d'habitation pour les ménages les plus modestes et en geler les augmentations pour les autres. Elle dit enfin vouloir  "regrouper en un seul ministère l’aménagement du territoire, les transports et le logement" et "rééquilibrer la politique de la ville vers les zones désertifiées et rurales."

BV