Un bilan 2015 mitigé pour la Fédération des Promoteurs Immobiliers

28/02/2017 Actualité

L’année 2015 aura été marquée par le retour des investisseurs dans la pierre. Pour la FPI, les efforts doivent se poursuivre pour que les ventes en accession épaulent cette relance encore fragile, et avec elle, faire disparaître les tensions qui persistent sur le marché

Pour 2015, la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) hésite entre un verre à moitié plein et un autre à moitié vide. Car si l’embellie des ventes est bien réelle (+ 13.6% entre 2014 et 2015), elle cache une autre réalité : ce sont avant tout les investisseurs qui portent le marché alors que les ventes en accession reculent de 1.7%. Le dispositif Pinel est donc un réel succès, voyant même son efficacité renforcée par l’amélioration du contexte économique, la faiblesse des taux d’intérêt et la stabilité des prix depuis 2013.

Cependant, le dernier trimestre 2015 est resté très attentiste avec en ligne de mire le nouveau Prêt à Taux Zéro (PTZ) entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Résultat, au quatrième trimestre 2015, les ventes en accession ont reculé de 11%. Pour la FPI, le rattrapage est en cours.

Plus préoccupant reste le décalage entre l’offre et la demande. En effet, la croissance des mises en vente (+3.4%) reste inférieure à celle des ventes (+7.8%). A tel point que dans certaines régions, un phénomène de pénurie commence à apparaître. Les statistiques nationales ne doivent pas faire oublier qu’en matière d’immobilier plus qu’ailleurs, le marché est territorial et qu’un prix moyen du logement en France (180K€ environ) révèle de grandes disparités locales, à commencer par Paris et sa région.

Le temps des normes et des usages

Plus grave, peut-être, semble être l’impressionnant décalage entre le type de logement construit et celui recherché par le client final. Dans le respect des chartes, les promoteurs continuent de construire des 4 et 5 pièces dont près d’un tiers (pour les 5 pièces et plus) ne trouvent pas preneur. Le temps des normes et celui des usages n’est définitivement pas le même. Co-location, achat d’un « 3 pièces + studio » (vs 4/5 pièces)… sont autant de réalités qui, couplées avec un pouvoir d’achat en baisse, modifient le marché.

Pour la FPI, le bilan est donc fragile. Et le message auprès du gouvernement et de sa nouvelle ministre du Logement Emmanuelle Cosse assez clair : poursuivre les mesures engagées, notamment les dispositifs Pinel sans oublier le Censi-Bouvard pour satisfaire le besoin en résidences étudiantes et senior.