Chaudières à condensation... la bonne alternative ?

19/12/2017 Actualité

Avec le mois d'octobre, revient l'heure d'hiver... et le chauffage dans la maison ! Si votre chaudière est fatiguée et énergivore, c'est le moment de la changer. Pour affronter les grands froids, si vous passiez à la condensation ? 

"En général, un particulier comme une copropriété décide de passer à la condensation parce que la vieille chaudière est en panne ; mais cela peut aussi être un choix pour réduire la facture de chauffage, sur le long terme, même si l'ancien équipement est encore valable", explique Benoît Ferres, fondateur de Cameo Energy, une plateforme pour monter, certifier et financer les projets des maîtres d'ouvrages de petite et moyenne taille. D'après son expérience, au hit parade des travaux d'économie énergétique, le changement de chaudière arrive en tête ; suivi par les projets d'isolation. Plusieurs raisons à cela : d'abord, le changement de chaudière est un projet simple, peu intrusif, qui ne demande pas de gros travaux; ensuite, il bénéficie de Primes Energie élevées (30% du prix de l'appareil, sans conditions de ressources)  qui sont de vrais incitations à investir : depuis début 2011, ce dispositif a directement contribué à l’installation d'un million de chaudières individuelles et au remplacement de chaudières collectives pour 400 000 appartements, dans le secteur résidentiel. Enfin, le passage à la chaudière à condensation, technologie plus performante, permet de faire des économies significatives : comparée à une chaudière classique à gaz, elle permettrait de faire baisser la facture annuelle de 30% environ, assurent les professionnels. Une promesse vraiment tenue ?

Pas de miracle immédiat
"Je suis très déçue : j'aurais pu faire réparer ma chaudière, mais cela me coûtait 400 euros, et comme elle était ancienne et pas très performante, j'ai écouté les conseils de l'installateur, j'ai choisi de la faire remplacer par un modèle à condensation. Il m’avait fait miroiter des économies mirobolantes... mais au final, je me suis retrouvée à la fin de l'hiver avec une facture de chauffage... en hausse de 20% !" témoigne Virginie, qui a effectué ces travaux l'année dernière, dans son pavillon de région parisienne. "L'hiver a été très froid : peut-être qu'avec l'ancienne chaudière, la facture aurait été encore plus salée !" tempère Benoît Ferres. "Les économies avancées par les installateurs sont un peu exagérées, sans doute, mais surtout, elles ne sont pas aussi significatives qu'ils peuvent le dire sur une seule saison : il vaudrait mieux les envisager sur le long terme. La technologie de la condensation a fait la preuve de ses excellentes performances, qui dépendent toutefois de plusieurs critères – la qualité du matériel, de l'installation, mais aussi l'isolation de la maison, la température extérieure. L'économie réalisée se calcule sur quinze ans, la percevoir annuellement n'est pas forcément évident."

Une économie sur quinze ans
Ainsi, s'il n'est pas forcément judicieux de changer votre installation à gaz classique si elle fonctionne encore, dans le seul but de faire des économies. Mais l'investissement devient rentable à coup sûr lorsque le changement de chaudière est une nécessité. " Si vous devez changer votre chaudière, autant monter en gamme ! Il faut adopter la condensation sans la moindre hésitation, conseille Benoît Ferrès. Les primes énergies couvrent le différentiel du coût, globalement cela ne vous coûte pas plus cher qu'une chaudière classique, mais vous bénéficiez d'une technologie assurément plus performante !" Il s'agit  de récupérer la chaleur latente, présente dans les fumées, et de la réinjecter dans votre circuit de chauffage : l'énergie récupérée grâce à ce procédé de condensation est donc « gratuite, et  vous permet d'autant mieux de réaliser des économies que ce type de chaudière consomme moins de gaz et assure un  rendement supérieur à 100%. Enfin, consommant moins de combustibles qu’une chaudière gaz classique, elle rejette moins de CO², de dioxydes de carbone et d’oxydes d’azotes : elle est donc plus respectueuse de l’environnement.

Un bon rapport qualité/prix

Le coût à l'achat est certes plus élevé, mais en prenant en compte l'entretien annuel (moins lourd), la durée de vie des appareils (plus longue), les aides financières à l'achat et les économies annoncées sur le long terme, on obtient au final un bon rapport qualité/prix pour cet investissement ; d'autant plus que le gaz, malgré ses augmentations, reste actuellement l'énergie la plus rentable après le bois. Bon à savoir, non seulement vous obtiendrez une Prime Energie d'un montant de 30% du prix de la chaudière, sans conditions de ressources, mais vous bénéficierez aussi d'un taux de TVA réduit à 5,5% sur la pose de l'appareil (en achat seul, la TVA est de 20%). Certains fournisseurs peuvent également proposer des aides bonifiées pour les ménages aux plus faibles revenus, car une nouvelle obligation dédiée aux ménages en situation de précarité énergétique a été mise en place depuis le 1er janvier 2016 : vous pouvez ainsi vous faire rembourser jusqu'à 100% de votre investissement !