Comment protéger sa maison contre un cambriolage ?

19/12/2017 Actualité

Ils adorent les vacances d'été... mais quelles sont les autres habitudes des cambrioleurs ? Le savoir permet de mieux se prémunir contre ce risque, plus présent que jamais. 

 "Actuellement, les voleurs voient le pays comme un supermarché gigantesque dans lequel ils peuvent faire leurs emplettes au détriment des citoyens démunis et livrés à eux-mêmes". Laurent Criado, auteur du récent livre "Immobilier : le guide pratique anti-cambriolage"* lance un cri d'alarme. "Avec ce guide, je souhaite faire entendre le ras-le-bol des victimes, toujours plus nombreuses et données en pâture à des voleurs de plus en plus violents". Ces derniers commettent actuellement un délit toutes les 30 secondes. Soit plus d’un million chaque année, chiffre en augmentation de 21% entre la période 2006-2010 et 2011-2015. Et selon les dernier chiffres publiés par le ministère de l'Intérieur, en juin, 62 079 maisons ont été cambriolées sur les seuls mois de mars, avril et mai dernier. Cela va sans doute augmenter encore durant l'été: les périodes préférées des voleurs sont celles des vacances,  juillet, août et décembre.

Etes-vous une bonne cible ?

Si vous habitez une grande maison dans une grande ville, notamment en région parisienne mais aussi dans le sud de la France, vous faites partie des populations "à risque", selon une récente étude publiée par Kiwatch, spécialiste de la "vidéobienveillance". Le risque d’être cambriolé augmente aussi avec la surface des logements : il croit de 20% si l’habitation dépasse les 100 mètres carrés et de 40% si elle dépasse les 150 mètres carrés. Les zones urbaines, notamment les villes de plus de 100 000 habitants et leurs périphéries, sont les plus prisées : la région parisienne, c'est en moyenne 26% de risques en plus d'être cambriolées, dans le Sud-Ouest, 20% et dans le Sud-Est, 11%.  Par ailleurs, certaines populations sont plus menacées que d'autres : c’est le cas des familles monoparentales  (+ 24% par rapport à la moyenne des français), mais aussi des artisans, cadres et chefs d’entreprises (+34%).

Votre maison est-elle une proie facile ?

La majorité des cambrioleurs entrent tout simplement... par la porte ! Selon l'étude Kidiwatch, c'est le cas dans 58% des cas ! Tandis que 30% des logements visités ont été la victime de monte-en-l'air passant par la fenêtre. Si votre porte n'est pas munie d'un bon verrou trois points, si vos fenêtres n'ont pas de volets, il est sans doute utile de songer à les équiper de ce minima. Une serrure A2P 3 étoiles est censée résister 15 min à une attaque. Sachez aussi que la présence d’un digicode sur la porte d’entrée ou le portail fait diminuer de 15% le risque de cambriolage. Prenez encore davantage de précautions si vous avez une terrasse, des baies vitrées, des balcons facilement accessibles, ou encore si vous vivez dans un rez-de-chaussée, ou dans une maison isolée d'un quartier résidentiel.

Ne tentez pas... et ne renseignez pas !

Les voleurs ne déménagent plus les maisons, comme autrefois, mais emportent  dans 54% des cas des bijoux, dans 30% des cas du matériel HiFi, vidéo et photo, dans 29% des cas du matériel informatique et de l’argent liquide ou des chèques. Et cela, en l'espace d'une dizaine de minutes, temps que leur laisse en moyenne le déclenchement d'une alarme... et ils le savent ! Aussi, cacher ce qui les tente est un moyen assez efficace pour qu'une majorité de cambrioleurs repartent bredouilles; mais évitez les cachettes trop connues, comme le dessous du matelas, le dessus de l'armoire, ou la corbeille à linge sale. Et si vous avez des bijoux et objets de valeur, optez pour un coffre-fort scellé au sol, qui protège réellement et de façon efficace vos biens précieux. Evitez également les "signes extérieurs de richesse" à l'extérieur de la maison, mais aussi... les systèmes de protection apparents. Celui ci pourrait en effet être perçu comme la preuve qu'il y a quelque chose à voler ! Voire comme un défi, un challenge à relever. Mieux vaut donc installer les alarmes ou les caméras à l'abri des regards, dans des endroits inaccessibles et discrets. Enfin, évitez de proclamer la date de vos vacances sur les réseaux sociaux ! Grâce à ces derniers,  les cambrioleurs n'ont plus besoin de faire de repérage dans les rues pour passer à l'action : en quelques clics, ils peuvent savoir si vous êtes chez vous ou pas... puisque c'est vous qui le dites ! "Les femmes semblent prendre beaucoup plus de risques sur les réseaux sociaux que les hommes et publient allègrement photos ou vidéos de leurs vacances ou congés. Il est très dangereux de donner des indications sur sa présence ou non à son domicile. C'est le genre d'informations que les cyber-cambrioleurs recherchent activement et facilement sur Internet.", constate Cédric Williamson, PDG de Kiwatch . D'autant que ces infos sont souvent "likées" par un bon nombre d'amis, ce qui rend les données accessibles à un cercle encore plus large d'utilisateurs proches, surtout si le profil et les publications sont publics.

Pouvez-vous compter sur vos voisins ?

Les cambrioleurs s'assurent de votre absence par divers moyens, dont le plus simple reste toujours de vérifier les boîtes aux lettres qui débordent, de repérer les volets éternellement clos, ou de surveiller les allées et venues ! Pour faire croire que vous êtes là, même quand vous n'y êtes pas, il existe des simulateurs de présence, permettant notamment d'allumer les lumières ou de relever les stores en votre absence, à des horaires programmés (pas toujours les mêmes !) Mais le mieux est encore de compter sur vos voisins : ils peuvent venir relever le courrier, aérer la maison et ouvrir les volets de temps en temps ! Ils pourront aussi ouvrir l'œil et appeler la police en cas de souci : les réseaux sociaux facilitent aujourd'hui la communication de voisinage, en permettant de s'inscrire dans des communautés locales d'entraide. Une appli parmi les dernières nées, Mon Super Voisin, se base sur un système de matching géo-localisé pour mieux repérer les membres du réseau vivant à proximité et disposés à s'entraider.

Avez-vous pensé au "home sitting" ?

Selon l'étude Kidiwatch, la présence d’un gardien est parmi les protections les plus efficaces : elle fait reculer de 30% le risque de subir une intrusion à son domicile. Tant mieux s'il y en a un dans votre immeuble, mais si vous vivez en résidence individuelle, pourquoi ne pas demander à un retraité – ou un couple - de venir s'installer chez vous pendant vos vacances ? En échange, ils vous rendent de menus services, arrosent les plantes vertes, chouchoutent le chat... et dissuadent les cambrioleurs ! Bien sûr, mieux vaut habiter une région touristique pour attirer les volontaires. On peut passer ou répondre à des annonces de gardiennage bénévole sur des sites comme senioravotreservice.com, mais aussi s'inscrire sur des sites spécialisés comme gardiennage-vacances (inscription gratuite) ou partirtranquille (à partir de 29 euros la semaine).

Et si vous jetiez un œil à distance ?

Les voleurs connaissent bien les systèmes de sécurité, et certains s'avèrent peu efficaces,  comme le révèle dans son livre Laurent Criado. Les simples alarmes reliées à des détecteurs d'ouverture représentent le système le plus répandu, mais elles  ne fonctionneront pas si le voleur se contente de briser la vitre, sans ouvrir la fenêtre. Surtout, les cambrioleurs sont passés maîtres dans l'art de les neutraliser : ils n'hésitent pas à décrocher les haut-parleurs et à les plonger dans l’eau, voire à vaporiser de la mousse à expansion dessus.  Plus sophistiqués, les détecteurs de volume repèrent comme un scanner les mouvements par infrarouge : mais il faut savoir les placer aux bons endroits – ceux où le voleur passera forcément, comme l'entrée – et bien les régler pour éviter tout déclenchement intempestif. Quant aux abonnements à un système de télésurveillance, prévoyant une intervention à votre domicile en cas d'effraction, ils coûtent cher. Une bonne alternative : la vidéosurveillance. Une habitation équipée de caméras serait 22% moins ciblée qu’un logement non équipé. Et aujourd'hui, les caméras se démocratisent et se miniaturisent !  De plus en plus petites, de moins en moins chères, sans fil et connectées, elles peuvent s'installer partout, à l'intérieur comme à l'extérieur, offrant une vision à 180° de jour et de nuit, et permettant de regarder à distance, grâce à des applis téléchargées sur votre smartphone ou votre ordinateur, ce qui se passe chez vous.  Ainsi, Logitech propose sa "Circle 2", une caméra de surveillance pour le domicile ultra perfectionnée et discrète, à partir de 199 euros. En cas de problème, vous recevez un  message d'alerte par email ou sms, avec vidéo de la scène : à vous alors de prévenir la police ! Vous pouvez aussi coupler la vidéosurveillance à une sirène, à du gardiennage, entrer directement en contact avec la police en cas de problème ou faire appel à une communauté d'entraide : c'est le concept de "vidéobienveillance",  lancé par Kiwatch. Cette start up,  créée en 2011 à Nantes par Cédric Williamson et Laurent Rocuet, démocratise l'accès à ce type de services pour les particuliers : dès 9.90€/mois et une première caméra à 29€.

Bon à savoir

Attention, une alarme qui sonne sans raison peut vous valoir une amende de 3e classe - 450 € au maximum (art. R. 623-2 du code pénal et R. 48-1 à 5 du code de la santé publique). De même,  lorsque vous installez des caméras à l'extérieur, le champ visuel ne doit pas déborder sur la voie publique, sous peine de sanctions. Si vous respectez cette condition, vous n’avez aucune demande d’autorisation en mairie ou en préfecture à effectuer. Par contre, vous pouvez toujours vous rendre au commissariat avant vos vacances : les polices municipales ont mis en place depuis plusieurs années l'opération "Tranquillité vacances”. Il suffit d'indiquer  les dates auxquelles vous serez absent de chez vous : un policier passera au moins une fois par jour à votre domicile pour s’assurer que tout est normal.

 

*Editions Barakom, 240 pages, 22 euros