Jeux olympiques d’hiver : quel impact sur les villes organisatrices ?

08/02/2018 Actualité

Alors que la ville de Corée du sud de Pyeongchang accueille du 9 au 25 février les Jeux olympiques d’hiver, retour à Grenoble, Albertville et Turin pour ausculter l’impact d’un tel événement sur ces villes.

A l’instar de certains athlètes russes, sévèrement mis en cause avant les Jeux olympiques d’hiver de cette année, qui se tiennent du 9 au 25 février à Pyeongchang en Corée du sud, peut-on estimer que cet événement dope le marché immobilier des villes dans lesquelles il se déroule ? De manière intuitive, il est tentant de répondre par l’affirmative. Mais à regarder de plus près, la piste immobilière n’est aussi damée qu’il y paraît. Evidemment depuis les JO d’hiver de 1968 à Grenoble, la médiatisation attirent chaque année des sommets plus élevés. Ce qui constitue un premier bon point. Qui peut nier que la notoriété d’Albertville , ville calme de vallée de la Tarentaise, avec 17000 âmes à l’époque, a littéralement explosé depuis 1992 ? Les effets sont identiques à Turin, dont l’image de ville industrielle, a été totalement gommée à partir des Jeux de 2006. Aujourd’hui encore, elle semble d’ailleurs vivre sur les bénéfices de cet événement, avec un tourisme florissant, un développement important des événements dits « commerciaux » grâce à son centre des congrès édifié précisément pour les JO, voici douze ans. Voilà pour le côté positif. Mais il ne faudrait pas négliger le déficit de 29 millions d’euros accumulé à la fin de Jeux. Considérons qu’il s’agit là du coût à payer pour sortir une ville de l’anonymat. L’ardoise est tout de même lourde. 

Albertville remonte la pente

En France, Grenoble  et Albertville n’affichent pas des bilans plus affriolants. La première a remboursé entre 1968 et 1995 un emprunt d’environ 30 millions d’euros. Sur le plan immobilier, la ville ne figure pas parmi les communes les plus demandées de France… A Albertville, les Jeux de 1992 ont engendré une perte supérieure à 43 millions d’euros. Mais la ville a bénéficié de nombreux équipements toujours en place aujourd’hui : la prolongation de l’autoroute A43 jusqu’à Moutiers, la ligne ferroviaire électrifiée permettant au TGV d’arriver jusqu’à Bourg-Saint-Maurice, sans oublier la halle olympique, la patinoire et les installations dans les stations de ski. L’immobilier dans toute la région a connu un  engouement sans précédent. Le revers de la médaille, là encore, laisse songeur : de nombreux équipements sont déficitaires, la taxe d’habitation a subi une inflation très importante de 1990 à 1993, de l’ordre de 40%. Aujourd’hui, tout est remboursé. Et la ville se plaît à faire des projets et à s’imaginer solidaire et durable à l’horizon 2030. Eco-quartiers, nouveaux logements, large place laissée à la nature, mobilité repensée, les projets sont nombreux. Il aura juste fallu attendre 40 ans après les Jeux…