Présidentielle : quels programmes pour le logement ?

02/07/2018 Actualité

Si on devait synthétiser le débat, les candidats appartiendraient à deux groupes : ceux qui pensent que le logement est l'affaire de l'Etat, et ceux qui veulent valoriser les initiatives privées. En revanche, dans chaque camp, on reste prudent : à gauche, on veut reconduire l'encadrement des loyers; à droite, on veut garder le dispositif Pinel; et au centre, Emmanuel Macron déclare qu'il faudrait "évaluer" le dispositif de plafonnement des loyers, en prenant en compte ses effets pervers, comme les "13% d'appartements locatifs retirés du marché".

François Fillon voudrait supprimer l'encadrement des loyers

Sans surprise, c'est à droite qu'on prévoit le plus de mesures en faveur des propriétaires : François Fillon voudrait supprimer l'encadrement des loyers, reconduire les mesures qui fonctionnent en faveur de la construction, comme le dispositif Pinel ; et accélérer les mesures d'expulsion, pour soutenir les "petits propriétaires". L'ancien Premier ministre souhaiterait aussi confier les aides au logement aux collectivités territoriales (17 Md€) et les intégrer au sein d’une prestation sociale unique, modulée en fonction de chaque situation individuelle et plafonnée à 75% du smic. Il prévoit également d'instaurer une TVA à taux réduit pour l’acquisition de la résidence principale ou pour un investissement locatif long, dans les périmètres de grands projets d’aménagements.

Benoît Hamon prévoit d'étendre à toutes les communes l'encadrement des loyers
A gauche, Benoît Hamon prévoit d'étendre à toutes les communes l'encadrement des loyers, de renforcer les sanctions en cas de non-respect des quotas de logements sociaux, d'en construire 150 000 nouveaux par an,  d'instaurer  un bouclier "Énergie" et des aides à la rénovation thermique des logements sociaux et privés. Il voudrait aussi renforcer la Garantie Universelle des Loyers, "pour s'assurer que toutes et tous puissent accéder à un logement décent."

Jean-Luc Mélenchon veut renforcer les sanctions

Plus radical, Jean-Luc Mélenchon veut également renforcer les sanctions des communes trop faiblement dotées en parc social, mais aussi interdire les expulsions locatives sans relogement,  lancer un "plan d'éradication du logement insalubre, de renouvellement urbain et de construction de logements sociaux" et enfin, 'imposer les hautes transactions immobilières avec une taxe progressive. Il parle également de "soutenir les projets d'habitat participatif et coopératif."

Emmanuel Macron : un plan de construction de 80 000 logements

Au centre, Emmanuel Macron se veut logiquement plus consensuel; parmi ses mesures phares, il met surtout en avant la jeunesse, avec un plan de construction de 80 000 logements destinés aux jeunes. Il voudrait aussi "mettre en place des procédures accélérées dans les zones où le logement coûte trop cher, afin de construire plus vite des logements et de faire baisser les prix de l’immobilier."

Marine Le Pen : réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social
Quant à Marine Le Pen, sa future politique du logement s'axe surtout autour d'une proposition "choc" : « réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social, et le mobiliser vers les publics qui en ont le plus besoin ». Mais la présidente du Front National souhaite aussi "regrouper en un seul ministère l’aménagement du territoire, les transports et le logement" et "rééquilibrer la politique de la ville vers les zones désertifiées et rurales."
Une chose est sûre, quelque soit l’avenir, le nouveau président devrafavoriser d'autres accès au logement.