Chauffage : Passer au chauffage bois... un choix écolo ?

19/12/2017 Actualité

Les températures chutent et les factures de chauffage montent. De plus en plus de Français songent à l'alternative bois. Plus économique assurément, mais est-elle aussi plus écologique ?

Pour l'instant, le bois reste bon dernier dans le tiercé de tête des systèmes de chauffage pour l’isolation maison : plus de 42% des Français déclarent avoir un système au gaz ou au fioul, 32% utilisent un système électrique et 16% le bois (les 10% restants ayant opté pour une installation pompe à chaleur et énergie renouvelable). Mais les choses changent... peu à peu !
L'année dernière, la chaleur renouvelable et de récupération a représenté 20,4 % de la consommation de chaleur en France, en augmentation de 3,5 % par rapport à l'année précédente (source : Syndicat des Énergies Renouvelable). Une croissance appelée à se poursuivre en cette nouvelle année : l’Etat vient en effet d’annoncer le lancement d’une prime « coup de pouce économies d’énergie » au bénéfice des particuliers qui remplaceront leur chaudière au fioul par une solution de chauffage valorisant les énergies renouvelables : chaudière à bois performante, ou chaudière gaz à condensation.  Le dispositif sera en vigueur du 23 février 2017 jusqu'au 31 mars 2018, et le montant de la prime peut atteindre jusqu'à 3000 euros, sous conditions de ressources. 

Qu'en pensent les Français ?

Selon l'étude réalisée par Mano-Mano*, 57% de nos compatriotes considèrent que l'impact environnemental du chauffage au bois est moindre que celui des autres systèmes. Ils apprécient aussi son faible coût au kWh : alors que leur facture de chauffage s'établit à 1590 euros par an, en moyenne, tout est bon pour  la faire baisser, une bonne nouvelle pour les économies d’énergie ! Or, le bois s'établit sans conteste comme le mode de chauffage le plus économique, avec un prix du kWh à 4 centimes d’euros pour la bûche et 5,82 cts d’euros pour le granulé, contre 7,08 cts d’euros pour le fioul ou 15,55 cts d’euros pour l’électricité (estimations du Syndicat des Energies Renouvelables, novembre 2016).

Un bois toujours plus... vert !

La création du label Flamme Verte, initié par les industriels de la filière avec le concours de l’ADEME en 2000, a boosté les appareils de chauffage au bois : leurs  rendements énergétiques ont augmenté de 30 % en moins de 10 ans et les émissions de monoxyde de carbone (CO) et de particules fines ont largement diminué. Supérieures à 1 % avant 2000, les émissions de CO se situent aujourd’hui à un maximum de 0,3 % dans la classe Flamme Verte « 5 étoiles ». Estimées à 250 mg/Nm3 en 2008, les émissions de particules fines seront, au 1er janvier 2018, à un niveau maximum de 50 mg/Nm3 dans la classe Flamme Verte « 6 étoiles ». Avec les appareils actuels, le chauffage au bois est capable de réduire la pointe de puissance électrique de 5 à 10 GW en période de grand froid, et les émissions carbonées liées au chauffage de quelques 5,6 millions de tonnes de CO2.  En dix ans, les émissions de particules fines (PM 2.5) ont été réduites de 40 % sur les secteurs résidentiel et tertiaire grâce aux progrès réalisés par les appareils de chauffage au bois. 

De quel bois on se chauffe ?

Le laboratoire Ceric a été chargé de réaliser plusieurs études afin de déterminer l'impact des nouvelles technologies du parc d'appareils, ainsi que celle de la qualité du combustible bois bûche (les granulés n'ont pas été pris en compte, puisque ces produits sont de qualité certifiée et que les machines qui les utilisent sont suffisamment récentes.)  Conclusion : le degré d'humidité du bois utilisé joue un rôle majeur dans la qualité de combustion, le rendement et les émissions. Avec un bois ordinaire, contenant encore 30 % d'humidité, la combustion est dégradée par rapport à un bois plus sec, en contenant moins de 20 %, et même avec un appareil récent, au label Flamme Verte, les émissions de particules sont multipliées par huit. "Un appareil récent, fonctionnant avec un combustible de mauvaise qualité peut même avoir un rendement inférieur à celui d'un appareil ancien alimenté en combustible de qualité", souligne l'étude. Optez donc pour un bois bien sec, mais aussi fendu, sans écorce et bien calibré : il augmente le rendement pour atteindre près de 80% et diminue la pollution par les particules fines. Avec le "bon bois", les performances environnementales sont atteintes et dépassées (13 mg/Nm3 mesurés pour 22 mg/Nm3 annoncés). Un choix qui aurait également un impact sur la durée de vie de l'équipement et de son conduit de fumée, moins encrassé. Aussi, un bois moins cher à l'achat, mais de mauvaise qualité, risque de finalement se révéler plus coûteux en termes de surconsommation, d'entretien et d'usure de l'installation.

Remplacez vos vieux appareils

A bois constant (40 % bien sec et 60 % avec moins de 2 ans de séchage), et sans changement des habitudes des consommateurs, il semble possible de réduire les émissions de particules de façon drastique d'ici à 2030 (-74 %) en remplaçant peu à peu les poêles à bois, cheminées et chaudières à bois obsolètes, non labellisées "Flamme Verte". Et ce, malgré l'augmentation du parc qui devrait passer de 7,4 millions en 2012 à plus de 9 millions en 2030. "L'impact du remplacement des appareils anciens joue un rôle très important", confirme le Ceric."Les appareils anciens, qui représentent encore le tiers du nombre total utilisé, représentent aujourd'hui les deux tiers des émissions. Il faut donc les remplacer le plus rapidement possible". Mieux, en associant au renouvellement du parc un passage à 100 % de bois sec, on pourrait réduire les émissions non plus de 74 %... mais de 92 % ! Et diviser par 10 les émissions de particules fines d'ici 2030. Un horizon sans fumées... grâce au bois, c'est possible !

*Etude réalisée par ManoMano.fr, premier site e-commerce européen de bricolage et de jardinage, à partir des données de 5 millions de visiteurs uniques mensuels sur la période du mois de septembre et octobre 2017 ainsi que plus de 500 000 clients.  https://www.manomano.fr