L'île de Nantes : entre parcs et berges de Loire

25/01/2018 Actualité

Réaménager un espace urbain de 337 hectares : la ville de Nantes s'est attaquée à ce défi urbain dès 2002, et la première phase est aujourd'hui terminée. Le projet prend désormais un nouvel élan.

L'île de Nantes compte déjà 18 000 habitants et représente 16 000 emplois. En seize ans, 4 400 logements, 235 000 m2 de bureaux et 104 000 m2 d’équipements publics ont vu le jour sur une surface totale de 265 000m2. A terme, en 2030, on comptera encore 10 000 logements supplémentaires, 300 000 m2 d’espaces dédiés à l’activité économique et 160 hectares d’espaces publics, pour une population qui devrait alors avoir doublé : près de 35 000 habitants vivront alors sur ce vaste territoire rénové et repensé comme une véritable extension du centre-ville historique de Nantes. Le tout pour un prix moyen au mètre carré de 2700 € pour un appartement.

Un nouveau centre urbain 

Objectif final : créer un centre urbain et métropolitain fort et innovant, ouvert sur de grands espaces, dans un cadre environnemental exceptionnel, accordé à tous les usages et besoins : logement, développement économique, éducation,  espaces dédiés à la culture et  lieux de divertissement pour tous...  Après Alexandre Chemetoff (jusqu'en 2010) et Marcel Smets (de 2010 à 2016) ce sont la paysagiste Jacqueline Osty et l’urbaniste Claire Shorter qui ont pris les commandes, l'année dernière, de ce vaste projet de restructuration urbaine. Leur mission principale : aménager la partie sud-ouest de l’île et faciliter l’installation du CHU (Centre Hospitalier Universitaire), dont l'ouverture est prévue en 2026. Il regroupera les services de l’hôpital Laennec et de l’Hôtel-Dieu ainsi que l’ensemble des équipes de recherche. Ce tout nouveau centre hospitalier sera bâti sur les terrains du Marché d’Intérêt National (MIN) qui sera transféré sur le parc Océane de Rezé.

Des parcs à profusion

C'est la signature de la nouvelle équipe : un grand parc sera créé sur les berges de Loire,  entre le Hangar à bananes et le pont des Trois-Continents. D’une surface de 12,5 ha, doté de grandes pelouses, d’arbres, de clairières, il offrira un point de vue sur le fleuve et pourra accueillir des activités sportives et festives. Certains éléments évoquant le passé portuaire (rails, pavés, bittes…) seront préservés. Les premiers immeubles seront plus en retrait. Deux autres espaces verts, de trois et cinq hectares, seront créés juste derrière, car l'équipe Osty-Shorter veut permettre à tous les futurs habitants de loger « au bord d’un parc ». Ils favoriseront « la végétation fraîche, humide, la récupération des eaux de pluie et le calme » et accueilleront, à l’emplacement des actuelles voies ferrées,  des aires de jeux, pelouses, jardins partagés et potagers.

Des logements à échelle humaine

Pour accueillir les quelque 6000 nouveaux logements qui seront créés à l'ouest de l'île, pas de tours : la plupart seront dans des immeubles dont la hauteur ne devrait pas excéder six ou sept étages. Peut-être seulement "quelques émergences à proximité de la rive sud ». De petites maisons, implantées au cœur de la partie ouest et desservies autant que possible par des voies piétonnes, devraient attirer les familles.

De nouveaux axes de circulation

L'expansion rapide de l'île a déjà nécessité une refonte des transports en commun : l’axe nord-sud étant déjà bien pourvu avec des lignes de bus et le tramway, c’est au niveau de la traversée d’est en ouest que les efforts ont été menés. Depuis 2013, le chronobus sillonne l’ile de en part en part et permet notamment de rejoindre la gare sud. Le parcours de cette ligne a été largement boisé et des pistes cyclables mises en place. Aujourd'hui, l'idée est de créer un grand axe urbain  reliant le nord et le sud, en prolongeant  le boulevard Léon-Bureau jusqu’au pont des Trois-Continents. Il permettra de relier directement Rezé et le quai de la Fosse, et de recevoir la nouvelle ligne de tramway annoncée par Nantes Métropole.
Tous ces grands changements devraient voir le jour très progressivement : jusqu’en 2020, les travaux concerneront surtout la réalisation de logements le long du boulevard de la Prairie au duc, le déménagement du MIN et le lancement du chantier CHU. Mais la « réappropriation du quai Wilson » commencera par petites touches à partir de 2018. La libération des voies ferrées est prévue pour 2022... date à partir de laquelle pourront être enclenchés les grandes manœuvres !