La géothermie, de réelles économies pour se chauffer

04/10/2018 Actualité

Et si c’était la solution face à la flambée des prix du gaz ? Thierry Bertrand, responsable support technique et formation chez Sofath, nous explique comment et pourquoi choisir la géothermie, dès la construction de votre logement. Interview.

La géothermie est-elle une activité réservée au neuf ou à la rénovation ? 

Le marché se développe actuellement sur le secteur de la rénovation, d’autant qu’on peut encore bénéficier dans ce cas d’un crédit d’impôt de 30% (jusqu’au 31 décembre, ndlr). Mais à 60% il reste encore concentré sur la construction neuve, surtout pour la maison individuelle. C’est plus facile que dans le collectif, l’énergie étant récupérée dans le sol ou dans l’eau… il faut disposer de terrain autour du logement.

Quel type de terrain ? Y a-t-il des endroits où c’est impossible ?

Non, on en pose partout, que ce soit en montagne ou en bord de mer, on s’adapte à tous les terrains; s’il est trop caillouteux ou argileux il faut mettre un lit de sable au niveau du captage.

Est-ce réservé aux grands jardins ?

Pas forcément. Pour une maison neuve aux normes RT 2012 de 120m² habitables, il faut compter 80m² de terrain pour l’installation, qui peut tourner autour de la maison : ce n’est pas forcément 80m² d’un seul tenant, devant ou derrière ! Attention, dans cet exemple, notre maison « témoin » serait située à Montélimar, donc une zone tempérée où les températures descendent rarement sous 7 degrés en hiver. Mais les maisons neuves sont de mieux en mieux isolées, donc il y a de moins en moins besoin de surface autour. Et s’il n’y a pas du tout de terrain, on peut utiliser le captage vertical.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Il y a trois systèmes de captage :
- horizontal (on enterre des tubes dans le jardin à 60 cm de profondeur) : c’est le plus utilisé, il est invisible et nécessite peu de place ;
- vertical (on fait de petits forages avec les tubes à l’intérieur) : le surcoût peut aller du simple au triple, il faut compter 30 à 100 euros le mètre pour le forage, c’est très variable selon la qualité du terrain ;
- et enfin, on peut aussi aller chercher les calories dans l’eau de nappe. Si on a un puits, c’est la meilleure solution : on gagne 1000 à 1500 euros sur l’installation. Si on en a pas, il faut envisager un forage, mais cela peut être intéressant si par exemple on veut se servir de l’eau du puits pour remplir une piscine, arroser, voire alimenter le réseau domestique.

En quoi consiste l’installation domestique ?

Les capteurs, une fois enterrés, ne se changent jamais ; ils ont une centaine d’années de durée de vie. Ensuite, on ajoute une pompe à chaleur, à l’extérieur de la maison, qui va aller chauffer l’eau
sanitaire mais aussi l’installation de chauffage, soit par des planchers chauffants, pour plus de confort, soit par un réseau de radiateurs tout à fait classique. On aura de l’eau chaude jusqu’à 65 degrés, tout à fait comme avec une chaudière, et on peut aussi chauffer une piscine.

Le terrain utilisé pour l’installation est-il sacrifié ?

Pas du tout, on peut le végétaliser, l’aménager en espace vert, avec des arbustes ou même un potager… On peut même y mettre du gravier, en faire une allée et rouler dessus ! Ce qu’il ne faut pas, c’est empêcher l’eau de circuler. On peut couvrir par à peu près tout ce qu’on veut sauf du béton étanche !

Peut-on aussi se servir de la géothermie pour rafraîchir en été ?

Tout à fait, sauf en entrée de gamme, la plupart des modèles sont réversibles. Le coût de cette climatisation dépendra beaucoup de la localisation et de l’orientation de la maison, de la surface vitrée…

En moyenne, combien peut-on économiser ?

La consommation de chauffage est divisée par plus de quatre par rapport à l’électrique, par deux et demi par rapport au fuel, et par un peu plus de deux par rapport au gaz. Si on reprend notre maison « témoin » de 120m² à Montélimar, sa consommation de chauffage au gaz naturel serait estimée à 324 euros par an contre 746 euros avec le gaz naturel, 1419 à l’électricité, 900 euros au fuel et 636 euros au bois naturel. Avec un ballon d’eau chaude sanitaire, couplée à la pompe à chaleur, on ne dépensera que 100 à 120 euros à l’année avec la géothermie. Et si on envisage de chauffer en plus l’eau d’une piscine, ce qui est une demande croissante, il faudra compter environ 200 euros pour la saison.

Et à combien se monte l’investissement ?

Toujours pour la même maison, il faut compter environ 12 500 euros comprenant la pose et tout le matériel (capteurs, pompe à chaleur et plancher chauffant). C’est un surcoût d’environ 20% sur une solution classique avec chaudière au gaz naturel, donc cela veut dire qu’on aura un retour sur investissement dans un délai de sept ans, ce qui est assez court. On peut même avoir un retour immédiat si on opte pour une installation d’entrée de gamme : là on va se situer autour de 10 000 euros pour la pompe à chaleur + eau chaude sanitaire + capteurs, pose incluse. Les performances de consommation sont les mêmes, c’est juste la régulation qui sera un peu moins précise et il n’y aura pas de réversibilité.

Peut-on réaliser l’installation soi-même ?

Non, il faut impérativement un professionnel. Il y a une garantie décennale car c’est intégré au bâti, mais pour en bénéficier, il faut avoir fait appel à un installateur agréé.

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