Sondage : les Français ont un bon souvenir de l’école

19/12/2017 Actualité

Alors que 12 millions d’élèves viennent de rejoindre les bancs de l’école, un sondage réalisé par BVA pour la Presse régionale et Foncia se penche sur la perception des Français vis-à-vis de l’institution scolaire et de ses évolutions récentes. Oui, l’école publique est toujours préférée aux institutions privées.

Cette semaine marque le retour de quelques 12 millions d’élèves à l’école. Une rentrée qui -  fait notable - semble se dérouler cette année sans souci majeur, le professionnalisme et le savoir-faire du nouveau ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer étant même assez largement reconnus, tant par les syndicats d’enseignants que par les parents d’élèves. C’est dans ce contexte que vient d’être publié un sondage réalisé par BVA pour la Presse régionale et Foncia sur « Les Français et l’école », auprès de 1045 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population. Premier enseignement : « l’école laisse globalement un bon souvenir aux Français, puisque 8 sur 10 s’en souviennent positivement », constate l’institut de sondage. Par ailleurs, parmi les trois étapes du parcours scolaire, le lycée et l’école élémentaire se placent loin devant le collège. Faut-il en déduire que l’adolescence laisse, plusieurs années après, un goût amer ? Reste que les CSP+, les plus jeunes (18-34 ans) et les habitants des grandes villes sont ceux qui plébiscitent les trois années précédant le baccalauréat.

 Un Français sur deux a effectué des heures de colle

Côté enseignement, la matière préférée est sans conteste l’histoire-géographie (pour 52% des Français), devant le français (45%) et les mathématiques (36%). A noter que près d’un Français sur deux (46%) a effectué des heures de colle lors de sa scolarité, les hommes étant nettement plus concernés (59%) que les femmes (34%). Plus surprenant, alors que l’Education nationale est l’objet de critiques récurrentes depuis plusieurs années, les Français préfèrent pour leurs enfants l’école publique (à 62%) à l’école privée. L’année dernière, ce même sondage faisait apparaître une préférence nettement moins marquée, à 54% seulement en faveur du public. L’institut BVA note toutefois que « sur cette question, le clivage le plus important reste le clivage politique : si les sympathisants de gauche choisissent à 86% l’école publique, près des trois quarts des sympathisants de droite (73%) préfèrent l’école privée ». Un résultat globalement surprenant à la lecture de la réponse suivante : les deux tiers des Français (65%) perçoivent en effet une baisse de la qualité de l’enseignement à l’école, et 52% estiment qu’elle ne garantit par l’égalité des chances : un pessimisme qui s’exprime à 65% chez les Franciliens. Pour autant, les Français ne semblent pas considérer que les enseignants soient responsables de la baisse du niveau puisque la majorité (65%) en ont une bonne opinion, « un niveau qui monte à 72% chez les CSP+ et à 79% chez les sympathisants de gauche », remarque BVA.

 Des réformes très bien accueillies

Concernant les réformes de l’école, et notamment celles annoncées par le ministre de l’Education nationale, les Français se montrent globalement très favorables. Ils plébiscitent, à 94%, l’idée d’instaurer un soutien scolaire gratuit après la classe, à 90% le rétablissement des classe bilangues au lycée et à 80% de limiter à 12 le nombre d’élèves par classe de CP dans les secteurs défavorisés. Les personnes interrogées se déclarent également très favorables à des mesures plus polémiques comme l’introduction d’une part de contrôle continu dans l’obtention du baccalauréat (77%) ou sur le retour de la semaine de 4 jours dans les communes qui le souhaitent (71%). En revanche, la suppression des notes à l’école reçoit une opposition massive, souligne encore BVA, puisque seuls 19% des personnes interrogées y sont favorables. Un pourcentage bien plus élevé cependant chez les 18-34 ans, à 31%.

L’ensemble des résultats démontre en tout cas que les Français ont des avis très marqués sur l’éducation et sur l’Education nationale en particulier. Cet intérêt est tellement prononcé qu’il va jusqu’à conditionner un autre centre d’intérêt majeur des Français et bien connu de Foncia, le logement. Dans de très nombreuses villes de l’Hexagone, on constate en effet un surcoût, parfois prononcé, des logements situés à proximité des écoles publiques les plus réputées. Et d’ailleurs, combien de parents ont songé à déménager pour se rapprocher d’une école de qualité, songeant à la sectorisation scolaire avant même de penser à la qualité intrinsèque du logement ? Une question qui mériterait sans doute un autre sondage national.